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Est ce que l'embouteillage des peurs est résorbable ?

Il suffit de lire les journaux : l’idée d’avenir n’aurait plus que de pâles couleurs, nos rêves n’auraient plus très bonne mine, et les idéologies – finalement pas si anciennes - qui avaient porté l’espoir de faire un monde meilleur se révèleraient aujourd’hui sans prise. Mais de temps en temps, l’idée de salut resurgit. Ainsi nous trouvons-nous ballotés entre des discours pessimistes et des discours optimistes, tous débités sur un ton d’oracle.

Selon les plus alarmistes, c’est simple, nous sommes entrés de façon irréversible dans le temps des catastrophes. Il ne se passe pas un jour sans que l’un d’entre eux nous dise que le monde est au bord du volcan et menace de sombrer dans la lave bouillonnante. Ces ça-va-pétistes pressentent que jamais l’homo sapiens n’acquerra la sagesse dont il se rengorge : aucune réflexion, aucune information n’aura d’impact suffisant sur ses comportements, car il ne cessera d’inventer des ruses pour ne pas croire ce qu’il sait. Même averti, éclairé, sermonné, il continuera de saccager les ultimes ressources naturelles et provoquera des bouleversements irrattrapables de l’environnement. En ce cas, notre avenir s’annonce sérieusement bouché : dans trois ou quatre milliers d’années, peut-être moins, il n’y aura plus personne pour s’interroger et « l’affaire homme », comme disait Romain Gary, sera close pour de bon.

Les optimistes se défendent quant à eux de toute inquiétude profonde et espèrent des solutions qui n’ébranleront ni nos modes de vie ni nos valeurs fondamentales. Le catastrophisme, rétorquent-ils aux missionnaires de l’Apocalypse, est une vieille chimère qui nous a déjà mille fois piégés. Alors ayons plutôt confiance, car comme d’habitude, nous trouverons bien le moyen de nous débrouiller : tout continuera, tant bien que mal, malgré quelques perturbations, mutations et adaptations prévisibles, et l’humanité s’en sortira, comme elle l’a toujours fait. Si ces optimistes avaient raison, alors, un jour lointain, il sera possible à des étudiants de consacrer quelques thèses à l’angoisse curieuse et multiforme qui a saisi, à la charnière des deuxième et troisième millénaires, des sociétés riches et puissantes comme la nôtre. Bien qu’elles aient eu, somme toute, peu de soucis, ces sociétés furent traversées du spectre du grand effondrement. Elles voyaient l’humanité disparaître, la planète devenir invivable et bientôt déserte, tout cela par leur faute, leur inconséquence, leur égoïsme, leur irréflexion. Certains historiens verront sans doute dans ce phénomène une version laïque des apocalypses religieuses.

En attendant de savoir lesquels ont raisons, les pessimistes ou les optimistes,  les peurs font aujourd’hui embouteillage. Elles engorgent le présent. Avons-nous les moyens de nous défaire de cet engorgement qui étouffe le plaisir de vivre et condamne l’idée même de projet collectif ?